Boléro
30 octobre, 2007 @ 8:58 Le royaume daïdaï

Vacance Andalouse au cœur de l'hiver gris-vert, longue plage éternelle.

Contemple !

La mer glauque, ses remous, ses baves d'iodes et d'algues.

Dégoût.

La neige en foule sur cet hiver équilatéral, plage beige, eau verte, ciel grès.

Evanouissement du temps complet et arrêté par Ordre.
Eclosion d'un assortiment de masques, toisons de crêpe dressées, bruns profonds, canines enflées, oeil fouillant.
Kidnapping.
A bord de la calèche, chevaux fumants, roule boléro éternellement. Ciel, vers toi toujours insouciant.
A nos trousses les volutes brodées en poussière et sable blanc, la neige en foule hurlante.
Les bêtes hennissent, s'ébrouent ; un grand boucan, sabots, queues battantes !
Quelles affreuses têtes, quels cerveaux méchants, et ça pille et ça vole et ça force. Au beau milieu du char, un instrument, une viole de gambe, joué par la mère putride et défiante.
L'Heure est forte, dangereusement belle, le vitrail est brûlant, dominante de sang, transparaissent les rayons pâles, l'hiver maussade pastellement.
Qu'ils m'abîmèrent, qu'ils me firent perdre du grade, comme je vieillis jusqu'à la compréhension du baptême. Un verre de leur eau de vie : convulsions, vomissements, flambée de l'iris, pupille en dilatement. Corps déchu sur le plancher grondant. Enfin je devins pour tous la petite maîtresse candide et cruelle, jouant du fouet, ricanant, lourds froufrous en soie, boucles au vent; ces toqués, tous mes chiens aimants.

S’en aller à cette violence, dévalement de l’arc argileux, passer fleuves mers océans, orgie de lumières ombres vents ! Ors chairs rêves, boléro diablement !

-Nora Gune
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