7 fevrier

s'obliger à grimper

pour la forme cardiaque.

peu à peu s'émouvoir dans le brouillard

toucher au sommet de la barrière

le Grand Défilé, là-haut,

les crêts désirables

la paix le silence

espérer voir l'autre versant, déceler la lumière

air bleu en mouvement

cieux mouvants - tantôt blancs tantôt nuit -

le disque aveuglant - astre lointain aujourd'hui -

éteindre l'affolement.

étreindre l'esseulement.

solitude haïe solitude chérie



Description

Je suis l'étrange carpe du midi

grasse, grosse

pleine de trous,

hypnotisée.

Je suis la tombe ambulance et les petites fondations

toute cette mort n'aspire qu'à la capitulation.

De cette mort parlons-en

Je porte un œuf d'épouvante

j'en ai mal au ventre

je porte le deuil, le deuil

jusqu'au rivage salvateur

les eaux lueurs de la Méditerranée.

Maintenant,

je suis en pleine randonnée.

Un abri au pied des cèdres royaux

recueille mes diarrhées avec bonté

et quelques morceaux brisés

de coquille empoisonnée.

Je dors une escale

au chaud des épingles vertes et bleutées.

Que m'importe l'odeur,

que m'importe l'impureté

cette mort n'aspire qu'à capituler.

l'espoir m'inspire

le dessin du port

me fait tout endurer

Ah l'idéal de la Méditerranée!

Je poursuis le spectre du midi

carpe ronde

affamée

( à suivre)

Beautiful Florence Martin

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That is the question

Patiente et affirmée

plutôt que

violente et mortifiée



0270

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Hommage ou sacrilège?

Cette nuit j'ai pissé d'élégantes circonvolutions dorées dans la baignoire privée du maître vénéré

Oui

Je défriche la brousse linguale

je déchiffre les codes légués

je lis j'apprends je bois

j'ai soif je rêve je perçois

je vis comme il se doit

j'avance pas à pas

(vers Toi)

je pousse

aspire moi persistant doucement



La nuit fluviale est sans étoile

La nuit s'abat, qui me veille à cette heure?

Le chat qui parle? l'enfant immobile? Le gardien défaillant?

J'ai fait sauter le dernier verrou et personne ne m' a empêcher de m'éventrer.


Bien sûr

J'ai la ferme intention d'aller pas à pas à la reconquête de mon territoire perdu.

J'ai la ferme intention de réhabiliter un à un tous mes rêves d'enfant.

 

vous rendre votre mauvaise conscience

intégrer mon innocence

sauvage toute-puissance 

Fermeture

Près de l’île de Formose

Une sirène

Toute écaille et crécelles

Toute soie et toute rose

 
Sous l’hermine sanglante apeurée, le monarque vacille, dégénéré, sous l’effroi et sous le vice, dors la rose assidue

Sur mon sein fissuré, les lèvres sur ma peau cicatrisée, sous ma chair fendue, dors la rose assidue

Sous le vieil hiver pétrifié, ouvre le grain, rêve le fruit, sous l’ancienne mort, dors la rose assidue

 
Sous l’écaille

Dors la rose assidue

Sous la crécelle

Tremble la rose assidue

 
Elle a bu la ciguë

 
Un dernier chant en forme d’hypnose

 
Dors la rose assidue au tombeau des nécroses.

 

Cher Père Noël

Je veux une grande robe d’un début clair de crépuscule d’hiver bleu tendre au revers orange

l’enfance revenue

Ma couleur est verte et lointaine

celle où je dansais enfant

mont désert et seul

affranchi de la charge du temps.

C'est l'espace ouvert

le plein pénétrant

l'innocence monochrome-

les symphonies de fleurs-

le jeu un accent

sur l'angle saillant du présent.

L'être éclatant

de toute sa candeur

comme preuve.

Expérience de l’individualité - Le vase

Contenez moi que je ne me brise

Contenez moi fort, étroit

Empêchez moi que je ne vole en éclats

Tracez moi des limites, chaudes, aimantes,

Encerclez moi

Ensevelissez moi

Chantez moi la berceuse amoureuse du monde

Couchez moi sous le sable tendre

Il me faut sentir La présence

Dorlotez moi

Enlacez moi

Jurez moi que la mort n’existe pas

Que je ne vais pas m’éparpiller aux seize coins d’un néant affreux

Veillez sur moi

Enroulez moi

Retenez moi

Qui est là 

Qui d’autre que moi ?

Le berceau

Je veux y aller. Un matin. Au grand jour. Le silence grand ouvert.

Je vais y entrer, clairvoyante. Il fera froid et beau. Je frissonnerais sans doute un peu. J’entrerais lentement, comme on entre dans l’ordre et l’abrupt d’un lac en altitude.

Je veux le passage cool et profond.

J’avancerais relevée droite, souple encore juste avant le saisissement.

J’avancerais doucement, en savourant chaque pas contre le sol, les dernières respirations, le dernier photon, la dernière incantation.

J’écouterais et j’aiderais mon corps à se briser, la peau déchirée, les os fracturés, délicatement.

Le dernier souffle, le souvenir du sang dans ma bouche, une larme extatique et nostalgique en même temps.

Peut-être un dernier hurlement.

La dernière prière.

L’ultime séparation.

Et le retour, enfin, à la délivrance.

Palpitements

Sur cette aube printanière

 

Par l’ample chemin soyeux

 

Au milieu des sapins déployés

 

Courir

 

            La pression du vent

 

            L’odeur des fleurs

 

            La forme des couleurs

 

Au profond de la nature originelle, sacrée, se couler

 

            Douceur du berceau, ivre

 

Nostalgie de l’enfance

 

            Le retour des oiseaux

 

Désir violent de légère souveraineté, d’insouciance grave, d’envol pénétré

 

Et la tentative désespérée d’échapper à mon ombre,

 

collée.

Grains

Un charpentier solaire, nu-pied dans la poudre calcaire au nord d’un désert. Un garçon  vigoureux, lumière dans les cheveux, échine rouge courbée, sous le grand soleil et un ciel tiré, travaille silencieux. Les avants-bras plongés dans le cambouis, il tire, serre, soulève la mécanique complexe. Concentré, il tâche, méthodique, à force de violentes et subtiles percussions, à faire cracher le son d’entre deux énormes cymbales dorées, sphères rigides et épurées. L’homme transpire, l’instrument caprice. L’homme s’entête, patient ; il a beau cœur, pulse lent.

Doucement la chose se met à vibrer, imperceptible gémissement, l’homme est heureux. Au moment de l’éclipse, elle entame une métamorphose. Les sphères gondolent, ondulent sous les chocs, se disloquent, deviennent épais liquide, cascade cantatrice, se réunissent, révélateur explosif.  La lumière passe, le son trace, l’œuvre réussit, la femme jouit.

 

En même temps, à l’extrémité méridionale, des enfants déments ont marché longtemps par des sentiers hantés, croisant des animaux crus. L’effroi vidé, ils se sont dévêtus, se sont accroupis au centre de la clairière du bois, la nuit.

A l’éclair de lune sur leur visage, ils se regardent, proches, au fond des yeux. Plus rien n’a peur d’eux.

 

La violence des copulations et des souffrances vendues, égos disciplinés par la marée d’humiliés, nous a rappelé au sens de la vie. La création est réapparut. Le sentiment nous habitait que l’unisson nous situe sans appel au dessus des pires intempéries.

chimie-chimère

Cette nuit j'ai rêvé. Que j'allais faire des photos en pellicule. Noir et blanc.
A la magie de l'empreinte des reliefs de la lumière entrant par l'objectif dans le boîtier étanche sur le film noir. A l'image latente, à la révélation, aux cristaux d'argent.
Toutes ces images dans mon cerveau, les paupières closes.

Sur une chaise perçée

Il n'y a rien à dire les amis, rien à expliquer, rien à justifier, aucune cause, aucune finalité, aucun but, aucune idée, aucune théorie. Il n'y a ni bandeau, banderole, aucun concept, pas de message. Il n' y a rien d'autre que cet instant pourri ou grand, ça dépend. Il n'y a rien de calculé, rien de voulu, aucun projet, aucun élan, aucun mouvement sauf celui de l'aiguille des secondes. Aucun désir sinon celui d'être autrement. Autrement que celle que je suis involontairement, hasardeusement. Et pourtant telle est la réalité, infaillible, concrète. Réalité, concrétude que je vénère. Une seule chose à dire : merde.

Photo du jour

Sur la tête mes cheveux ramassés en nid de pensées sombre et emmelé.
Ainsi, dos et nuque découverts aux ombres malveillantes

dragon
dame blanche
cancer
vipère
chauve-souris
borgne
dindon
sangsue

affres de ma folie.

Boléro

Vacance Andalouse au cœur de l'hiver gris-vert, longue plage éternelle.

Contemple !

La mer glauque, ses remous, ses baves d'iodes et d'algues.

Dégoût.

La neige en foule sur cet hiver équilatéral, plage beige, eau verte, ciel grès.

Evanouissement du temps complet et arrêté par Ordre.
Eclosion d'un assortiment de masques, toisons de crêpe dressées, bruns profonds, canines enflées, oeil fouillant.
Kidnapping.
A bord de la calèche, chevaux fumants, roule boléro éternellement. Ciel, vers toi toujours insouciant.
A nos trousses les volutes brodées en poussière et sable blanc, la neige en foule hurlante.
Les bêtes hennissent, s'ébrouent ; un grand boucan, sabots, queues battantes !
Quelles affreuses têtes, quels cerveaux méchants, et ça pille et ça vole et ça force. Au beau milieu du char, un instrument, une viole de gambe, joué par la mère putride et défiante.
L'Heure est forte, dangereusement belle, le vitrail est brûlant, dominante de sang, transparaissent les rayons pâles, l'hiver maussade pastellement.
Qu'ils m'abîmèrent, qu'ils me firent perdre du grade, comme je vieillis jusqu'à la compréhension du baptême. Un verre de leur eau de vie : convulsions, vomissements, flambée de l'iris, pupille en dilatement. Corps déchu sur le plancher grondant. Enfin je devins pour tous la petite maîtresse candide et cruelle, jouant du fouet, ricanant, lourds froufrous en soie, boucles au vent; ces toqués, tous mes chiens aimants.

S’en aller à cette violence, dévalement de l’arc argileux, passer fleuves mers océans, orgie de lumières ombres vents ! Ors chairs rêves, boléro diablement !